Recherche – gestion – conservation

Une simple protection ne suffit pas à garantir la conservation des zones humides.

Il faut une gestion intégrée tenant compte des facteurs écologiques très diversifiés, de leur dynamique, des contraintes extérieures au site et des activités socio-économiques influençant leur richesse. Cette gestion est basée sur des connaissances solides que seule la recherche scientifique apporte.

Le programme scientifique de la Tour du Valat représente une contribution majeure à la compréhension du fonctionnement naturel des zones humides et de leurs facultés d’adaptation aux changements. Les connaissances résultantes sont utilisées pour assurer le maintien des fonctions et services fournis par les zones humides ainsi que la conservation des espèces liées. Elles permettent la restauration de zones humides dégradées.

Ce programme demande la maîtrise de plusieurs disciplines:

1° L’hydrologie

L’eau est le facteur clé du fonctionnement des zones humides. Les aménagements réalisés en amont, à des fins agricoles, industrielles ou urbaines, ont sur elles une influence directe. Leur gestion actuelle et future nécessitent la compréhension des mécanismes et des processus physiques, chimiques et biologiques. Les technologies telles que l’étude de l’imagerie satellitaire y contribuent en permettant notamment de suivre l’évolution des milieux et des peuplements animaux et végétaux.

2° L’écologie végétale

La végétation joue un rôle particulièrement important dans le fonctionnement des zones humides. Elle est à la base de la chaîne alimentaire et de la structure des habitats. Elle influence les cycles biogéochimiques. Les espèces et les communautés végétales réagissent différemment au régime hydrique, aux variations de température, salinité et autres facteurs. La modification d’un seul élément pendant une période clef peut changer radicalement la composition et la structure de la végétation. Les chercheurs de la Tour du Valat élaborent des modèles de fonctionnement de la végétation. Ils ont par exemple démontré l’utilité du pâturage par les chevaux et les taureaux pour une bonne gestion des zones humides.

3° Les organismes aquatiques

La Tour du Valat axe aussi ses recherches sur le suivi à long terme des peuplements aquatiques de Camargue, leur structure et leurs stratégies adaptatives face à l’assèchement estival. L’analyse des migrations met en évidence l’existence de zones refuges entre les différentes parties de l’hydrosystème. Le programme suit aussi le recrutement des juvéniles et l’impact des interactions entre espèces introduites et espèces indigènes. Un programme international pour la conservation des poissons d’eau douce endémiques à la région méditerranéenne, et souvent menacés de disparition, a été élaboré.

Les études réalisées en Camargue trouvent un prolongement en Europe du sud.

4° L’ornithologie

La Tour du Valat suit la dynamique à long terme des populations méditerranéennes d’oiseaux d’eau. Trois groupes ont mobilisé les chercheurs depuis cinquante ans : le Flamant rose, les hérons et les laro-limicoles. Les résultats de ces études, initiées en Camargue, puis rapidement étendues à l’ensemble de la Méditerranée, montrent l’influence de la superficie et de la qualité des zones humides sur les caractéristiques des populations nicheuses. Des études sont aussi menées sur l’écologie des sternes, mouettes et goélands dont les lieux de reproduction favoris en Méditerranée, les salines, se raréfient. Les pélicans, devenus rares, font l’objet d’un important programme (en collaboration avec sept autres pays méditerranéens).

5° Les « Plans de gestion », outils indispensables

La Tour du Valat applique ses recherches à la gestion des zones humides méditerranéennes. Son expertise est reconnue. Sa méthodologie « plan de gestion » est basée sur les connaissances acquises depuis quarante ans. Ce plan définit les objectifs de conservation, leur localisation et le temps nécessaire à leur réalisation. Il permet d’évaluer l’opportunité d’une intervention et son impact. La Tour du Valat répond régulièrement aux organismes ayant des besoins similaires, et forme les gestionnaires de zones humides méditerranéennes.

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